José Bové
Le 1er février, José Bové a donc décidé de se lancer dans la course à
l’élection présidentielle.
Que Bové souhaite promouvoir des orientations qu’il considère comme
n’étant pas défendues est tout à fait compréhensible. Qu’il suggère que
notre candidat se retire à son profit l’est moins !
Nous partageons beaucoup de combats menés en commun avec José Bové,
terrains de lutte où nous nous retrouverons indépendamment de
l’élection présidentielle. Nous sommes naturellement et absolument
solidaires face à l’acharnement judiciaire qu’il subit - aux côtés
d’autres faucheurs.
Dans une campagne traumatisée par le souvenir du 21 avril 2002, nous ne
sommes pas de ceux qui incriminent la diversité pour expliquer la
présence de Le Pen au deuxième tour. Si José Bové et ses amis
considèrent que leurs idées ne sont pas représentées dans cette
campagne, il apparaît logique qu’ils souhaitent être présents.
À condition toutefois de ne pas déguiser cette candidature en ce
qu’elle ne peut pas être...
En effet la plupart des forces politiques, à l’exclusion de la gauche
des Verts et des Alternatifs, ne soutiennent pas sa candidature. Le PCF
a choi-si sa propre candidate, les républicains de gauche ne le
soutiennent pas et nous avons fait le choix de maintenir la candidature
d’Olivier Besancenot. Seule une partie des collectifs antilibéraux et
des parties de collectifs qui se sont divisés, se reconnaît dans cette
initiative (les minorités de la LCR à quelques exceptions locales, ne
se sont pas engagées à ses côtés).
C’est donc une candidature supplémentaire, pas une candidature
unitaire. Elle exprime les aspirations d’une composante de l’arc de
forces du 29 Mai, (écolo-alternative ?) mais certainement pas
l’ensemble du mouve-ment. De quelle légitimité démocratique pourrait se
prévaloir une candidature qui, après avoir réclamé des primaires, s’est
soustraite au vote des collectifs en décembre dernier ?
De quelle légitimité politique pourrait se prévaloir une candidature
qui partage, avec celle de Marie-Georges Buffet, les mêmes textes
stratégi-ques et le même programme, adoptés en septembre et en novembre
et que la LCR n’a pas ratifiés pour des raisons politiques ?
Enfin une pétition Internet ne peut remplacer le vote de forces
militantes dans le cadre d’un débat collectif et contradictoire qui ne
peut s’inspirer de mécanismes plébiscitaires, même électroniques.
L’échec d’une candidature unique du camp antilibéral à l’élection
prési-dentielle s’explique par des désaccords politiques profonds qu’il
faudra surmonter pour qu’une nouvelle force anticapitaliste émerge et
s’ancre dans la société.
Ces désaccords touchent à l’indépendance vis-à-vis du PS, aux logiques
institutionnelles, à l’articulation entre luttes et élections.
Ils concernent également des questions programmatiques non
négligeables, comme celles des sans papiers ou du nucléaire.
L’antilibéralisme conséquent qui est, pour nous, l’anticapitalisme-
a-t-il besoin d’homme providentiel ? ou de clarté et de constance
politiques ?
Surfer sur le dépit de militants orphelins d’une candidature vraiment
unitaire, alimenter un rejet « anti-appareil » en réalité quelque
peu… antiforces politiques peut, peut-être, obtenir un succès
facile.
Mais au service de quelles perspectives ? De quel projet politique ?
De même, est-il utile de brouiller les repères sur une question aussi
essentielle (en tout cas pour nous) que les rapports au
social-libéralisme ? En quelques mois, José Bové a d’abord défendu le
regroupement des antilibéraux derrière Fabius, puis il a accepté le
cadre du texte « Ambition et stratégie », dont on connaît les
ambiguïtés liées aux pressions de la direction du PCF.
Maintenant, on rebondit sur des formules de refus de gouvernement avec
le PS, prononcées publiquement, il est vrai, mais… non reprises dans la
déclaration du candidat !
On est en droit d’être un peu plus exigeant, nous semble-t-il.
l’élection présidentielle.
Que Bové souhaite promouvoir des orientations qu’il considère comme
n’étant pas défendues est tout à fait compréhensible. Qu’il suggère que
notre candidat se retire à son profit l’est moins !
Nous partageons beaucoup de combats menés en commun avec José Bové,
terrains de lutte où nous nous retrouverons indépendamment de
l’élection présidentielle. Nous sommes naturellement et absolument
solidaires face à l’acharnement judiciaire qu’il subit - aux côtés
d’autres faucheurs.
Dans une campagne traumatisée par le souvenir du 21 avril 2002, nous ne
sommes pas de ceux qui incriminent la diversité pour expliquer la
présence de Le Pen au deuxième tour. Si José Bové et ses amis
considèrent que leurs idées ne sont pas représentées dans cette
campagne, il apparaît logique qu’ils souhaitent être présents.
À condition toutefois de ne pas déguiser cette candidature en ce
qu’elle ne peut pas être...
En effet la plupart des forces politiques, à l’exclusion de la gauche
des Verts et des Alternatifs, ne soutiennent pas sa candidature. Le PCF
a choi-si sa propre candidate, les républicains de gauche ne le
soutiennent pas et nous avons fait le choix de maintenir la candidature
d’Olivier Besancenot. Seule une partie des collectifs antilibéraux et
des parties de collectifs qui se sont divisés, se reconnaît dans cette
initiative (les minorités de la LCR à quelques exceptions locales, ne
se sont pas engagées à ses côtés).
C’est donc une candidature supplémentaire, pas une candidature
unitaire. Elle exprime les aspirations d’une composante de l’arc de
forces du 29 Mai, (écolo-alternative ?) mais certainement pas
l’ensemble du mouve-ment. De quelle légitimité démocratique pourrait se
prévaloir une candidature qui, après avoir réclamé des primaires, s’est
soustraite au vote des collectifs en décembre dernier ?
De quelle légitimité politique pourrait se prévaloir une candidature
qui partage, avec celle de Marie-Georges Buffet, les mêmes textes
stratégi-ques et le même programme, adoptés en septembre et en novembre
et que la LCR n’a pas ratifiés pour des raisons politiques ?
Enfin une pétition Internet ne peut remplacer le vote de forces
militantes dans le cadre d’un débat collectif et contradictoire qui ne
peut s’inspirer de mécanismes plébiscitaires, même électroniques.
L’échec d’une candidature unique du camp antilibéral à l’élection
prési-dentielle s’explique par des désaccords politiques profonds qu’il
faudra surmonter pour qu’une nouvelle force anticapitaliste émerge et
s’ancre dans la société.
Ces désaccords touchent à l’indépendance vis-à-vis du PS, aux logiques
institutionnelles, à l’articulation entre luttes et élections.
Ils concernent également des questions programmatiques non
négligeables, comme celles des sans papiers ou du nucléaire.
L’antilibéralisme conséquent qui est, pour nous, l’anticapitalisme-
a-t-il besoin d’homme providentiel ? ou de clarté et de constance
politiques ?
Surfer sur le dépit de militants orphelins d’une candidature vraiment
unitaire, alimenter un rejet « anti-appareil » en réalité quelque
peu… antiforces politiques peut, peut-être, obtenir un succès
facile.
Mais au service de quelles perspectives ? De quel projet politique ?
De même, est-il utile de brouiller les repères sur une question aussi
essentielle (en tout cas pour nous) que les rapports au
social-libéralisme ? En quelques mois, José Bové a d’abord défendu le
regroupement des antilibéraux derrière Fabius, puis il a accepté le
cadre du texte « Ambition et stratégie », dont on connaît les
ambiguïtés liées aux pressions de la direction du PCF.
Maintenant, on rebondit sur des formules de refus de gouvernement avec
le PS, prononcées publiquement, il est vrai, mais… non reprises dans la
déclaration du candidat !
On est en droit d’être un peu plus exigeant, nous semble-t-il.
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